Dunes [é]mouvantes

Installation

Dunes [é]mouvantes est une œuvre inspirée des arts premiers. Elle est un prolongement de l’exposition principale du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), présentée à l’été 2018, « D’Afrique aux Amériques : Picasso en face-à-face, d’hier à aujourd’hui ». Par la présence des dunes, motifs au sol déformés par anamorphose, l’avenue du Musée acquiert une dimension expressive. En parcourant l’avenue, on découvre des sphères qui reflètent les différents pavillons du MBAM, tous uniques par leur architecture et leur histoire, entremêlant ainsi réel et virtuel. Dunes [é]mouvantes se veut un mirage expérientiel en plein cœur du centre-ville de Montréal.

Montréal

Client

Musée des Beaux-Arts de Montréal

Année

2018

Crédits Photos

Alex Lesage, Raphael Thibodeau, Olivier Bousquet, Denis Farley, Editee

Dunes [é]mouvantes est une œuvre inspirée des arts premiers. Elle est un prolongement de l’exposition principale du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), présentée à l’été 2018, « D’Afrique aux Amériques : Picasso en face-à-face, d’hier à aujourd’hui ». Par la présence des dunes, motifs au sol déformés par anamorphose, l’avenue du Musée acquiert une dimension expressive. En parcourant l’avenue, on découvre des sphères qui reflètent les différents pavillons du MBAM, tous uniques par leur architecture et leur histoire, entremêlant ainsi réel et virtuel. Dunes [é]mouvantes se veut un mirage expérientiel en plein cœur du centre-ville de Montréal.

Client

Musée des Beaux-Arts de Montréal

Année

2018

Crédits Photos

Alex Lesage, Raphael Thibodeau, Olivier Bousquet, Denis Farley, Editee

 

 

 

Depuis 2012, l’avenue du Musée, adjacente au Musée des beaux-arts de Montréal se piétonise durant la saison estivale. Le MBAM saisit annuellement cette occasion pour couvrir l’avenue aux couleurs de son exposition estivale. Cette volonté du MBAM d’aménager l’espace public tient de son désir de renforcer la présence de l’art dans l’espace public montréalais. C’est d’abord par la création du Jardin des sculptures, inauguré en 2004, lequel narre le récit de la sculpture moderne à nos jours, que le MBAM offrait à tous un premier accès à l’art. Alors l’un des ensembles les plus importants d’arts publics de la métropole avec ses vingt-trois (23) œuvres, Tourisme Montréal l’a intégré à son trajet d’art public. Ainsi, cette extension à ciel ouvert du MBAM dispose d’une visibilité accrue ; elle participe au rayonnement international de Montréal en tant que ville créative et possédant une importante richesse culturelle. 

Le MBAM ne lésinant pas sur les opportunités d’encourager et de révéler le talent artistique local, son organisation sélectionne le maître d’œuvre de l’aménagement de l’avenue à l’aide d’un concours de design annuel. Lancé le 5 février 2018, les concurrents invités avaient jusqu’au 20 février pour soumettre leurs idées. Le 24 février 2018, NÓS Architectes fut désigné lauréat du concours avec sa proposition Dunes [é]mouvantes, laquelle est ici soumise au Prix d’excellence en architecture. 

La commande du MBAM consistait en l’habillement de l’avenue, sur environ 300 mètres carrés, en écho avec l’exposition « D’Afrique aux Amériques : Picasso en face-à-face : d’hier à aujourd’hui » afin d’amplifier l’expérience des visiteurs, mais surtout, pour en prolonger l’accès à tous les publics en dehors de ses murs.

Par conséquent, la proposition nécessitait de : considérer tous les types de public (visiteurs du musée, touristes, passants, camps de jour et groupes d’enfants, etc.) ; respecter les normes de sécurité et d’accessibilité à tous, ne pas entraver les véhicules d’urgence ; et être pérenne pour toute la période de l’installation. Un budget devait aussi être soumis aux jurys qui respectait les 25 000 $ alloués (incluant les honoraires, les matériaux et la main d’œuvre).

En réponse à la commande et aux paramètres du projet, trois grands principes ont guidé la démarche :

Amplitude Anamorphose Esprit du lieu
Passer

Dès les premières réflexions sur le projet, une question d’ordre plus technique s’est rapidement posée : comment donner de l’amplitude à une surface bidimensionnelle, alors qu’elle doit demeurer carrossable pour les véhicules d’urgence ? En tant qu’architectes, ne pas pouvoir donner de verticalité à l’intervention nous semblait une contrainte très importante, pour une intervention de la sorte. Nous avons donc décidé de prendre ce problème pour une opportunité et d’approfondir la recherche vers des procédés optiques, inspirés des peintres cubistes.   

Thème synthèse du projet, le procédé d’anamorphose a permis de formuler une réponse projectuelle aux questions énoncées précédemment. L’anamorphose apporte une dimension ludique et attractive à l’œuvre, qui engage le public dans une expérience marquante, éveillant ainsi l’intérêt envers l’art, et par extension, envers l’institution. D’ailleurs, cette approche permet de donner une illusion d’amplitude à la rue, ce qui contribue à son effet monumental, une manière de ponctuer l’espace public et de créer un point focal, une zone d’interaction avec le public. En réponse à l’image des corps et des visages déformés caractérisant le sujet de l’exposition, le sujet de l’intervention était la rue, déformée dans son intégralité. 

L’avenue du musée est un espace public fort intéressant vu sa vocation hybride. D’une part, c’est une extension de l’espace muséal, une zone publique du musée, une forme de vitrine sur la ville qui représente l’institution, ses valeurs et sa mission. D’autre part, elle incarne un moment précis correspondant au passage d’une exposition d’une durée déterminée. Ainsi, une première question fondamentale se posait: Comment adresser l’esprit hybride du lieu, c’est-à-dire le thème de l’exposition et la mission du musée dans une intervention urbaine subtile, engageante et claire ? 

Amplitude

Dès les premières réflexions sur le projet, une question d’ordre plus technique s’est rapidement posée : comment donner de l’amplitude à une surface bidimensionnelle, alors qu’elle doit demeurer carrossable pour les véhicules d’urgence ? En tant qu’architectes, ne pas pouvoir donner de verticalité à l’intervention nous semblait une contrainte très importante, pour une intervention de la sorte. Nous avons donc décidé de prendre ce problème pour une opportunité et d’approfondir la recherche vers des procédés optiques, inspirés des peintres cubistes.   

Anamorphose

Thème synthèse du projet, le procédé d’anamorphose a permis de formuler une réponse projectuelle aux questions énoncées précédemment. L’anamorphose apporte une dimension ludique et attractive à l’œuvre, qui engage le public dans une expérience marquante, éveillant ainsi l’intérêt envers l’art, et par extension, envers l’institution. D’ailleurs, cette approche permet de donner une illusion d’amplitude à la rue, ce qui contribue à son effet monumental, une manière de ponctuer l’espace public et de créer un point focal, une zone d’interaction avec le public. En réponse à l’image des corps et des visages déformés caractérisant le sujet de l’exposition, le sujet de l’intervention était la rue, déformée dans son intégralité. 

Esprit du lieu

L’avenue du musée est un espace public fort intéressant vu sa vocation hybride. D’une part, c’est une extension de l’espace muséal, une zone publique du musée, une forme de vitrine sur la ville qui représente l’institution, ses valeurs et sa mission. D’autre part, elle incarne un moment précis correspondant au passage d’une exposition d’une durée déterminée. Ainsi, une première question fondamentale se posait: Comment adresser l’esprit hybride du lieu, c’est-à-dire le thème de l’exposition et la mission du musée dans une intervention urbaine subtile, engageante et claire ? 

Dunes [é]mouvantes se présente donc comme un geste unique et englobant en écho à l’exposition « D’Afrique aux Amériques : Picasso en face-à-face : d’hier à aujourd’hui », présentée tout l’été 2018 au Musée des beaux-arts de Montréal. Les commissaires de cette exposition avaient pour objectif de révéler la nature critique des productions cubistes face aux enjeux du 19e et 20e siècle (sexualité, place de la femme, différence raciale) faite à travers une redécouverte des arts primitifs. L’œuvre monumentale proposée par NÓS Architectes – à l’échelle d’une rue –s’inspire ainsi des processus créatifs de ces peintres pour mettre en scène l’espace public. Par un procédé d’anamorphose, bien connu des cubistes, la rue acquiert une forte dimension expressive qui initie le public de manière ludique au fondement de cette démarche artistique. 

NÓS Architectes propose une installation qui transporte les passants au cœur d’un paysage géométrique, abstrait et déstabilisant. Par la manipulation virtuelle du plan de la rue, de vastes ondulations sont générées et rappellent les traits d’un corps ou d’un visage. Des sphères réfléchissantes contribuent à l’effet d’amplitude du motif et multiplient les points de vue. À travers ces formes géométriques primitives, le passant découvre les différents bâtiments du Musée des Beaux-Arts de Montréal, tous unique par leur architecture et leur histoire. 

Grâce à cet habile trompe-l’œil, NÓS Architectes questionne le point de vue unique des clichés contemporains souvent figés et génériques. Dunes [é]mouvantes se veut ainsi un mirage en plein cœur du centre-ville de Montréal, offrant une expérience inusitée où le réel et le virtuel se font face et se mélangent, où une relation nouvelle relation s’installe entre l’observateur et les objets qui l’entoure. 

Dunes [é]mouvantes est une intervention urbaine qui se démarque par son audace, sa clarté et sa simplicité. En tant que geste d’animation et d’embellissement du centre-ville de Montréal, elle permet la mise en valeur d’un espace extérieur, en plus de favoriser son appropriation par les personnes de tous âges et de tous horizons. Elle démontre d’autant plus le potentiel qu’offre une approche artistique et architecturale pour l’amélioration du bien-être en ville et pour porter la mission des institutions dans l’espace public. 

Au-delà de l’aménagement pratique et agréable, l’œuvre revêt une dimension éducative et d’éveil au processus artistique. De fait, elle est d’un fort apport éducatif et culturel. D’une part, car son approche s’aligne avec les intentions formelles et éducatives des commissaires de l’exposition. D’autre part, car cela fait en sorte qu’elle répond plus largement à la mission du MBAM qui est entre autres d’offrir à voir de grandes expositions et d’instruire le grand public à l’art. 

Enfin, soulignons la dimension immersive de l’intervention ce qui, considérant sa taille et du fait qu’elle soit extérieure, est une prouesse. Cette réussite relève de la qualité du travail de conception et des choix matériels qui confère finesse et qualité au fini. Sur ce dernier point, cela montre au grand public qu’à travers le design et la mise à contribution de professionnels du milieu, il est possible d’aménager la ville de manière simple et esthétique, avec des moyens modestes.  

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